Analyse CAC40 : rentabilités comparées
La composition du CAC 40 et l'information sur les cotations ne sont pas très utiles sans un minimum d'analyse financière et de réflexion stratégique.
Pour avoir une meilleure vision des sociétés du CAC40 en terme de performances et d’opportunités d’investissement, il est intéressant de comparer leurs marges opérationnelles 2005 à 2007 à l’aide d’un tableau. La marge opérationnelle se calcule en divisant le résultat d’exploitation par le chiffre d’affaires. Le résultat d’exploitation (également appelé EBIT en Anglais : Earning Before Interest and Tax) est considéré comme un meilleur indicateur de la performance des entreprises que le résultat net. En effet, le résultat net peut être impacté par des éléments non récurrents et non liés au métier de l’entreprise : cession de filiales, de participations financières ou de branches d’activités, gain fiscal, vente d’actifs immobilisés. Pour effectuer cette mini analyse CAC40, nous prenons les chiffres de 3 exercices consécutifs de manière à avoir une idée de la stabilité des résultats à rechercher dans tout investissement value (investissement valeur selon les critères définis par Warren Buffet). Nous conseillons pour l’étude d’un investissement potentiel de vous concentrer sur 5 exercices. Quelques remarques : les banques ont une activité un peu particulière où n’existe pas vraiment la notion de chiffre d’affaires mais plutôt celle de PNB (produit net bancaire), leurs résultats ne sont donc pas intégrés dans ce tableau pour des raisons techniques, les banques vont plutôt s’analyser sur leurs capacités à prêter de l’argent de façon rentable, leur gestion du risque et leur portefeuille d’activités. Nous excluons AXA et Unibail Rodamco (le résultat d’exploitation de cette société est structurellement supérieur au chiffre d’affaires) ces activités ne peuvent s’analyse à l’aide d’un résultat d’exploitation au sens classique du terme. | Valeur | Ebit 2005 / CA (en %) | Ebit 2006 /CA (en %) | Ebit 2007/CA (en%) | | Accor | 8 | 12 | 29 | | Air France KLM | 7 | 7 | 5 | | Air Liquide | 14 | 15 | 15 | | Alcatel-Lucent | 10 | (1) | (24) | | Alstom | 5 | 4 | 7 | | Arcelor Mittal | 13 | 13 | 14 | | Axa | NA | NA | NA | | BNP Paribas | NA | NA | NA | | Bouygues | 7 | 9 | 7 | | Cap Gemini | 3 | 4 | 6 | | Carrefour | 4 | 5 | 4 | | Crédit Agricole | NA | NA | NA | | Danone | 13 | 14 | 14 | | Dexia | NA | NA | NA | | EADS | 8 | 0 | 0 | | EDF | 16 | 16 | 17 | | Essilor Intl | 16 | 17 | 17 | | France Telecom | 23 | 20 | 20 | | Gaz de France | 12 | 13 | 14 | | L'Oreal | 16 | 17 | 20 | | Lafarge | 14 | 16 | 19 | | Lagardère SCA | 6 | 4 | 10 | | LVMH | 18 | 21 | 21 | | Michelin | 10 | 8 | 8 | | Pernod Ricard | 21 | 20 | 23 | | Peugeot | 3 | 1 | 2 | | PPR | 6 | 7 | 9 | | Renault | 4 | 8 | 3 | | Saint Gobain | 7 | 8 | 7 | | Sanofi Aventis | 11 | 18 | 21 | | Schneider Elect. | 13 | 14 | 15 | | Société Gén. | NA | NA | NA | | ST Micro. | 3 | 7 | 7 | | Suez | 11 | 13 | 11 | | Total | 18 | 17 | 16 | | Unibail | NA | NA | NA | | Vallourec | 22 | 28 | 26 | | Veolia | 7 | 7 | 8 | | Vinci | 7 | 11 | 10 | | Vivendi | 18 | 24 | 20 | Sources : boursorama / cortal consors L’investisseur value n’aime pas les mauvaises surprises ni les marchés trop concurrentiels, il va donc privilégier les rentabilités d’exploitations élevés et stables. Par ailleurs, cette typologie n’est qu’une ébauche, il est important dans le processus de décision d’investissement de faire attention à la valorisation, aux évolutions sectorielles et également aux autres critères (endettement, évolution du cash flow, taux de croissance, perspectives…). D’ores et déjà, on peut dresser une typologie des sociétés : 1) les mauvais élèves (rentabilité opérationnelle négative ou très faible) Alcatel / EADS / Air France KLM / Peugeot / Renault / Alstom / Cap Gemini / Carrefour / Renault / St Microelectronics Commentaire bourse-investir : Alstom est en phase de retournement avec une rentabilité en croissance mais doit faire ses preuves à long terme. L’activité de Carrefour (la grande distribution) génère structurellement de faibles marges. 2) les moyens (rentabilité opérationnelle comprise entre 5% et 10%) Bouygues / Lagardère / Michelin / St Gobain / Veolia / Vinci / PPR Commentaire bourse-investir : l’activité de Bouygues est extrêmement diversifiée et solide, celle de St Gobain également mais à un degré moindre. Veolia travaille sur la base de contrat à long terme et offre une grande visibilité sur ses résultats, la rentabilité de Vinci est en croissance régulière (ses activités de concessions de parkings et d’autoroutes sont très rentables). Le repositionnement de PPR vers le luxe (Gucci, Puma) s’accompagne d’une hausse progressive des marges. 3) Les bons élèves (rentabilité opérationnelle comprise entre 10% et 15%) Accor / Arcelor Mittal / Danone / GDF / Suez / Schneider Electric Commentaire bourse-investir : la rentabilité opérationnelle de Schneider est progression significative entre 2005 et 2007. Celle d’Arcelor Mittal est remarquable pour une société du secteur sidérurgie. Ces sociétés présentent des modèles économiques et des positions concurrentielles solides. 4) Les cracks (rentabilité opérationnelle supérieure à 15%) Vallourec, Vivendi, Sanofi, Pernod Ricard, LVMH, Lafarge, L’OREAL, France TElecom / EDF / Essilor / L’OREAL Commentaire bourse-investir : ces groupes réalisent des marges très élevées, reflétant des avantages compétitifs élevés. L’investisseur belge Albert Frère est présent au capital de Lafarge (19%) et à celui de Pernod Ricard (5%), Vincent Bolloré détient encore 6% de Vallourec tandis que Warren Buffet possède un peu moins de 1% de Sanofi. Ces grands investisseurs sont donc friands de ce type de sociétés.
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